23 mai 2018

La jubarte et l'Alérion.. nouveau conte du vallon de Bonneval 2


CH


Il est dans cette forêt
Des animaux fabuleux et bienveillants
Fossilisés depuis la nuit des temps

Comme cette baleine, celle de Jonas  sans nul doute
Qui après l'avoir malmené trois jours et trois nuits durant
S'approcha du rivage pour le vomir sur le sable, l'abhorrant
Le temps d'hoqueter, elle se retrouva prisonnière
Dans les serres d'un immense aigle d'Ayres,
D'un puissant battement d'ailes, 
La créature, traversant terres et océans
L'amena au plus profond d'un vallon en forêt vosgienne.
Quand l'oiseau posa à terre la belle Jubarte
En une fraction de seconde ils s'embrasèrent
Touchés d'un grand éclair venu de la profondeur des cieux
Ils se transformèrent céans de roche et de bois
L'oiseau, pugnace réussi à s'enfuir
Abandonnant ses serres corsetant à jamais la baleine
Dans la tourmente ayant perdu son bec,
Il n'a jamais pu raconter...
De sa vaillance silencieuse il est devenu aiglon
Depuis bien longtemps, nous l'appelons Alérion
Sa destinée, être l'emblème de ma belle Lorraine...
La grande baleine bleue, devenue grise d'affliction
Méritait bien grand repos après toutes ces émotions
Depuis cette nuit là, nouvel hôte des bois,
Elle côtoie sans problème et sans effroi
Monstre débonnaire
Au visage souriant
Roche fatiguée
En train de bailler
Ondine de grès
Bienveillance de la source
Serpentaire et couleuvre de pierre
Se déplaçant silencieusement les nuits sans lune
Pour la chatouiller, la faisant rire si fort
Que les hommes ont toujours pensé entendre l'orage arriver
Car depuis toujours la vie parcourt le vallon 
Promenez-vous en ce lieu en toute quiétude,
Rien de mal ne peut vous arriver
Si la baleine, 
Comme cro-magnon, celte, moine ou bûcheron, vous avez caressé...
En regardant l'Alérion s'envoler...

Clémentine*mai 2018





jubarte=grande baleine
Alérion, aiglon sans bec et sans serre, anagramme de Loreina, nom ancien de la Lorraine dont il est l'emblème depuis plus de mille ans


13 mai 2018

Promenade à Bonneval, lieu si étrange... en forêt de Relanges1

   Voyez-vous le visage du moine?
 bien sur c'est une de mes photos 


Cachées...
Dans le creux du vallon...
Des ruines...

Celle d'un Prieuré Augustin, Bonneval...

Après avoir caressé la roche sculptée
Sur la sente menant au prieuré
Objet de tant et tant de convoitise
Par la forêt, seule, elle est acquise

Je suis descendue au fond du vallon
Pour m'y perdre avec délice, avec émotion
Respirant le vert si tendre du printemps
Caressant des pierres aux secrets des temps

Des pierres qui raisonnent encore de prières
Celles de moines dont l'âme de certain s'attarde encore
Chuchotant des psaumes qu'un auguste vent emporte
aux chants des oiseaux, à la cime du grand sycomore 

Ensemble, ils fusionnent, musent, se mêlant
Aux mélodies celtes de cet oppidum gaulois
Provoquant en mon âme troublée bien des émois
Pas feutrés d'esprits sans visage m'accompagnent
En doux bruissement sur tapis de feuilles en cocagne

Toutes ces pierres fatiguées
Toutes ses roches si étranges
Partagent le plus étonnant des secrets
Un secret bien plus ancien encore
J'ai pris le temps de les écouter...
J'ai pris le temps de les regarder...
Et je l'ai deviné...

Peut-être vous le raconterais-je...
Clémentine*5/5/18

Abbaye de Bonneval

Mes photos sont là... https://revedouxreve.blogspot.fr

la roche sculptée*, l'abbaye, l'oppidum

*qu'un riche russe voulait acheter, surement pour offrir au tsar, mais elle est intransportable!

cocagne=profusion 
oppidum=fortification celte aménagée en surplomb




1 mai 2018

Douceur de premier mai







Petit brin porte-bonheur
Joli brin offert avec le coeur
*
Mutines clochettes de la forêt
Tintent sur la mousse de l'adret
*
On t'y dérobe avec douceur
Pour t'offrir à l'élu de son coeur
*
Petit elfe des bosquets
Vecteur d'Amour c'est toi, joli muguet
*


Clémentine* 1* mai 2018 

24 avr. 2018

Neige de printemps




CH



Neige de printemps
S'envole délicatement
Nuage irisé de blanc
Emporté dans le vent
🌸
        Pétale soyeux fini sa courte vie         
Dans la main du jeune enfant ravi
Sa maman à son oreille lui ayant dit
Envolée jolie donnera de beaux fruits
🌸
  Neige nacrée de printemps 
Envole-toi sereinement
Créant joli rêve gourmand
Dans l'esprit de ce bel enfant
🌸

Clémentine*

22/4/18





19 avr. 2018

Ephéméride d'une vie


image du net




S'envolent les feuilles du calendrier
Filent les jours heureux sous les étoiles
Disparaît le doux des nuits aux petits matins
S'évanouissent les semaines au fil du temps

*Ou sont mes jeunes années si heureuses,
Heureuse, je le suis toujours mais...*

le temps....
Celui qui défile un peu plus vite chaque jour
Pliant inexorablement sous le poids des ans
S'estompe doucement de ma mémoire
Ne retenant que celle de mon printemps...

Je viens d'avoir cent ans
Seul mon corps s'en rend compte
L'étincelle que tu vois au fond de mes yeux
C'est ma jeunesse enfuie, celle qui fait que tu est là
Toi, le dernier venant de mes arrières petit-enfants

Ma jeunesse...
Elle est toujours en moi, bien enfouie sous la flétrissure du temps 
Et le sourire que je t'offre n'a que vingt ans, mais toi, tu ne le vois pas
Tu ne perçois que sillons jouant sur une touche de rouge à lèvres
Dernière coquetterie...

Au creux de mon coeur d'énormes douleurs
De tous mes partis trop tôt, avant leur temps, avant moi
Avec amour, nostalgie et regrets de ne te voir grandir
Mes mains parcheminées caressent la soie de tes doigts de bébé
Un siècle nous sépare...

Et...
Il ne reste plus de feuille sur mon éphéméride
Elles se sont envolées au grès de toutes ces années
Déposant avec tendresse paillettes d'amour sur l'éphéméride de vos vies.
N'oubliez-pas comme je vous ai aimé...

Clémentine*
15/4/18


En espérant être un jour cette trisaïeule, mais pas pressée!  







9 avr. 2018

LES GEANTS D'OLIMA...balade aux alentours d'Epinal






Tels des géants
 S'élancent à l'assaut de l'azuré, sous le vent   
Tels des colosses
 Se dressent à l'émeraude de ma forêt, comme bosses
Tels des titans
Ancrés dans ma terre Lorraine, depuis la nuit des temps

Les géants de pierre rose
Aux regards moroses
Prennent la pose
Du vallon, ils sont l'apothéose

Colosses de pierre,
Altiers, s'exhibent de blanc vêtu en Nivôse
Offrent cache et nid à la mésange au doux de Floréal
Dissimulent leurs visages en replis de pierre au brûlant Messidor
Se couvrent d'or, de larmes perlées quand arrive la froidure de Brumaire

Les géants d'Olima, héros méconnus du ravin
Au fil des siècles
Ils ont abrité indigents, soldats,  amoureux et jeunesse rieuse
Certaines nuits les entendent fredonner encore,
 Mêlant leur chant rugueux au triolet du  ruisseau
Ils sont la beauté et la sagesse du vallon 
Alors,
Passants, ne passez-pas sous leurs ombres sans les saluer...
Ils vous en seront gré... de grès!

Clémentine*
8/04/18




Sous son chapeau de pierre, il vous observe...




Géant ployé sur lui-même surveille le vallon

J'ai abrité et j'abrite encore malgré la chute de mon auvent...

Regardez-moi bien,vous verrez mon visage vous souriant...

26 mars 2018

Le ruisseau d'Olima



CH

Connaissez-vous le ruisseau d’Olima
Celui qui serpente en son vallon
Méandres fougueux et cascadant
Après la pluie de printemps
Courir sur les chemins ne lui fait pas peur
A vous de mettre bottes pour son bonheur
Il vous emmène aux pieds des roches
Celles avec qui il partage nom en belle accroche
Et puis sans être chauvin
D’Olima, l’escarpe du ravin lui sied bien
Son chant vous enchante
Louvoyant et gazouillant
Aux pieds des hêtres et des sapins
Débordant sur la mousse
Il en rit et se trémousse
Ne prend pas le temps de s’arrêter
Il court, toujours pressé
Rigole en cascatelle
Éclaboussant futures brimbelles
N’a-t-il pas doux rendez-vous
Pour aller chanter sur les cailloux
Ma Demoiselle l'espère et l’attend
Elle est son aboutissement
Ne lui causera aucun chagrin
Voulant l’amener encore plus loin
C’est juste un petit ruisseau
Pas très long mais si beau

Clémentine* 



Ma Demoiselle, c'est ma Moselle 15/03/18