15 mars 2018

Bouzey... La Dame du bout du lac...

                                                              Bouzey... La Dame du bout du lac..

CH



La Dame du bout du lac

Madone silencieuse
Aux Seins arrogants
 Ventre, en belle matrice
Par sa féconde rondeur
Promet bel enfant

Des bras, elle n’en n’a que faire
 Alors, ils enclosent son giron

Elle est belle et envoûtante
La Femme à l’ouïe d’or
Princesse d’un autre monde
Diadème serti en son front

Sa planète est étrange
Son dos arbore ailes d’ange

Un visage énigmatique
Au regard insolite
N’osant se tourner vers le lac
Lui préférant pluie d’un ciel démoniaque

Qu’a-t-elle fait de son bel-aimé   
De lui ne reste que crâne
Aux orbites vides
Emprisonné en robe de fil torsadé

Lui causait-il trop de tourment...
Posé au sol, sur elle, il veille
Vous observant inlassablement
Sa vie lui a-t-il offerte
Pour elle repartir avec son enfant ?

Belle et étrange Madone du bout du lac
Enigmatique Dame du bout du lac
Devait-il t’aimer
Pour ton secret, accepter de garder à jamais…

Clémentine*
10/03/2018


                                                                                    la sculpture est de
l

CH


7 mars 2018

Les jeux de lumière sont étrange...nouvelle légende de Bouzey: des mots pour Lui...

    


Aucune retouche sur mes photos, l'image est apparue un certain jour de fin d'automne, à une certaine heure, sous un certain soleil... il y a eu des aviateurs anglais, canadiens et néo-zélandais tués en 1944 près de cet endroit...
n'oubliez-pas, je suis une récolteuse de photos de racines*__* mes dragons, c'est comme cela que je les nomme...



des mots pour Lui...

Pâles flocons de neige
Tourbillonnant comme arpège
Se posent avec délicatesse
Sur le bel étang de la Comtesse

Ils viennent y chanter,
Comme cela est étrange
 Énigmatique mélopée
Que seul entend un certain ange

Le vieil arbre n'a survécu
A terre depuis des années
Je ne cesse de le côtoyer
Par ces racines toujours troublée

Des centaines de fois je l'ai caressé
Lui, un de mes dragons préférés
Je ne savais alors qu'il protégeait
Un garçon au visage grave et secret

Un gamin de vingt ans
Endormi dans la glèbe
Protégé des tourments
En racines de chêne

Il y dort depuis longtemps
Du temps d'une certaine guerre
Corps emporté
Âme oubliée

Ce jour, sous le soleil d'avant l'hiver
Sous mes yeux ahuris il s'est dévoilé
Mais qui es-tu bel inconnu
Le regard au loin si perdu

Tous ne vois qu'un vieux morceau de bois
Mais moi maintenant, je sais que tu es là
Et tant qu'il me restera souffle de vie
Je viendrai te voir, te saluer et te sourire...

Clémentine*31/10/17

Mon dragon... au fil des ans devenu Lui...
  



11 févr. 2018

la pluie...

La pluie...

CH



Et je regarde la pluie couler le long des carreaux
Fin de glissoire,  tout en débord et soubresaut

Comme pleurs en coeur sans dissonance

Millier de larmes déferlent en cascatelle
Diamants de brèves vies atemporelles

Elle draine la tristesse d'un monde sans partage
Elle, la multitude de perles sauvages

Chacune se frayant un chemin
Enviant le grain gouttant du tendu d'une main

Elles se succèdent sans savoir 
À noyer la peur dans certains regards

Aux pieds de l'adolescent venu d'ailleurs, forme flaque
Miroir lui renvoyant sa jeunesse perdue en flash-back
La vie lui a donné déjà tant et tant de claques

Sur la joue de la belle, ruisselle
Se mêlant au sel de ses prunelles
Il est partit, l'abandonnant à sa couvelle

Elle se perd aux creux des sillons du vieil homme
Comme torrent, ravine ses souvenirs de môme
Toute une vie, sans prévenance, devenue achrome    

Pourtant dans certain pays, elle est Reine
Attendue, espérée comme Déesse Souveraine
Alors, rires et chants éclatent au ciel accouché
De ce trésor des cieux soudainement  tombé

Mais elle sait aussi noyer, sans état d'âme
Drainant avec elle boue et mort infâme

Pourtant, qu'elle serait notre vie sans elle...

La pluie...

La pluie fait des claquettes, sur le trottoir à minuit...Claude Nougaro


Clémentine* 18 01 18



25 nov. 2017

collé... serré...



                                                                     Collé...serré...




Collé... serré...
Tout un mois, que toi et moi
Collé... serré...
Belle osmose toute en émoi

Mais l'été finissant
Lequel des deux va de l'autre se lassant
Ne pleure pas,
Mais je vais me passer de toi
Tu n'es pas fait pour le climat de mes Vosges
Enfermé par crainte du froid
Tu perdrais de ton charme petit-bourgeois

Nous laisserons un peu de nous sur le sable
Nous garderons le goût du sel,
Et les regrets partagés
De quitter ces iles ou nous avons tant rêvé...

Je vais t'abandonner
Toi qui a connu avec moi le danger
D'un hors-bord trop rapide
Nous ayant copieusement aspergé
La traversée de roches en ile
Sous un chaud quarante degrés
Tu as apprécié comme moi
Le bleu du lagon en récompense
Bien sûr, souvent j'y repense
Je t'aimais alors
Toi, toujours collé à mon corps
Mais voilà, amour d'été ne dure très longtemps
L'année prochaine la mode changera, et toi...
De mon dressing tu valseras !

J'entends votre question... mais qui est-il ?


N'avez-vous pas reconnu mon maillot de bain !







Clémentine* 
Souvenir de Malte...18/08/17.





21 nov. 2017

Rêves de Capri

                                                                        

                                                                      Rêves de Capri



J'ai des rêves de Capri
Cette ile ou jamais rien ne finit
J'ai en mémoire la grotte bleue
Souvenirs de jours heureux
J'ai dans le coeur la via Romantica
Sur le chemin di Matermania
J'ai dans les yeux
Des paysage aux parfums merveilleux
J'ai dans la tête
Cet accent chantant sans pareil
J'ai sur ma peau le vent du large
Songe tatoué sur mon épaule en marge

J'ai des rêves de Capri

J'aurais toujours des rêves de Capri...

Clémentine*
21/11/17


image du net

14 nov. 2017

Contes et légendes de mes Vosges...La babouche de Baugrichon


La babouche de Baugrichon




Une babouche...
Comme cela est étrange
Une babouche dans ma contrée...

Revient en ma mémoire des histoires, dans ma jeunesse contée...



Dans un passé lointain
Étaient venus en notre haut pays vosgien
trois génies de première catégorie
Ils avaient mission d'obtenir
Afin de monter en grade sur l’île de Chergu'yr
Où ils espéraient couler des siècles heureux
l'hommage complet des gens de nos montagnes... 

Baugrichon était l'un d'eux
Un peu poltron, un peu grincheux...

Ce jour-là, il fuyait devant une nuée d'oiseaux,
les doux amis de plumes de la gentille  Badette,
La seule, du haut de ses dix ans à lui résister
Elle se moquait des charmes qu'il pouvait inventer
Et son intention était de tout raconter
Afin les gens de nos montagnes de ses sortilèges protéger...

Vexé des railleries sur sa personne, colportées par la fillette
Dans un sac, Baugrichon voulu l'enfermer
Il voulait qu'elle cesse de raconter 
Les maléfices qu'il utilisait 
pour arriver à ses fins à l'encontre des montagnards, 
Car il se voyait bien, rentrant sur son ile,  adulé et respecté des autres génies...

Mais...

Il avait omit, tout simplement, l'amitié des oiseaux pour Badette,
Ces amis de plumes, chanteurs et enchanteurs
Pour qui elle se privait de son pain l'hiver, cassait la glace des flaques 
Pour qu'ils puissent s'y désaltérer, elle chantait avec eux au printemps et riait au soleil de l'été en les regardant voltiger, c'est vrai, en automne, ils lui offraient mûres et noisettes, 
Elle était leur douce amie, et ils étaient prêts à tout pour la protéger.


Alors quand Baugrichon ricanant, fier de son forfait, un sac gigotant et hurlant sur le dos
 Se dirigea vers la grotte noire, là ou les trois génies vivaient depuis leur arrivée,
 En une fraction de seconde, il se retrouva cerné d'ailes en colère


Il voulut les faire fuir, criant et gesticulant, mais les oiseaux étaient si nombreux, rameuté par le cri rauque du geai 
Qu'il se trouva submergé par toutes ces plumes, il n'avait plus le choix que de détaler
 Lâcha le sac qui roula sur la mousse,
Badette s'en libéra, et tout en défroissant sa robe, elle criait... sus à Baugrichon !
Alors, il fila encore plus vite, protégeant sa tête du mieux qu'il pouvait de ses bras
Le pic-vert lui ayant volé son bonnet
Les fauvettes lui tiraient les cheveux, les mésanges lui picoraient le nez
 La chouette hululait à ses oreilles
Rouge-gorge et bouvreuil le giflaient de leurs ailes
Sa piaillait de tous les côtés
Dans sa fuite effrénée, Baugrichon ne voyait plus où il mettait les pieds
Les racines,  farceuses, ondulaient sous la mousse, il  trébucha
De tout son long s'étala, vite, se releva pour fuir plus loin encore
Abandonnant la babouche de son pied tombée...
 Tout le monde sait
Qu'il n'est pas facile de courir dans les bois chaussé de babouches !
En zigzaguant et hurlant, poursuivi des oiseaux, il fuyait dans la forêt
Dans la pénombre du bois
 Les sapins  profitaient de leurs branches piquantes pour le malmener, 
Mais surtout pour l'égarer...
Car à cette époque, les elfes de la forêt avaient mission de vite faire repousser
Brimbelliers, fougères et bruyères pour cacher aux yeux des chasseurs
Sentes crées par le passage des biches, des renards et des belettes, 
Et la multitude des Habitants à deux, quatre où six pattes, vivants là...

Et me voici, trois siècles plus tard
Arpentant mes fabuleuses forêts,
Par hasard, je l'ai trouvée, cette babouche devenue de bois
Pendant tout ce temps, 
Là où elle est tombée, elle est restée
Et depuis des siècles,
À l'ombre des sapins géants, Baugrichon cherche encore
Car un génie, dans son pays ne peut revenir
Avec un pied déchaussé...
Si un jour, dans la forêt vous croisez
Un drôle de petit bonhomme au bonnet vert et chaussé d'une seule babouche
N'ayez aucune crainte de ce génie, un peu peureux, un peu grincheux et de tous oublié
Car pour le faire fuir, comme un oiseau, il vous suffira de siffler!

Mais je dois vous avouer encore une chose, j'ai reposé la babouche au milieu d'une clairière pour qu'il puisse enfin la retrouver et dans son ile repartir, trois siècles... c'est assez cher payé, vous ne croyez pas?

Clémentine*

10 10 2017



Après cette jolie découverte de la babouche dans la forêt, je n'ai pu résister à faire une suite à ma façon de l'histoire de Badette" la fillette aux oiseaux"des nouveaux contes de la vallée des lacs" de Léon Fresse... 
je suis certaine du sourire de Léon... enfin, une qui ose encore écrire des légendes sur notre belle contrée...